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[i56a]
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DE LA VILLE DE PARIS.
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117
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Ville, Messieurs sont allez par devers luy pour entendre lad. creance; lequel leur a dict que le Roy l'a, ces jours passez, mandé pour luy dire qu'il avoict entendu les séditions qui se commençoient à lad. Ville'1', et que pour obvier à icelles, il luy avoict esté ordonné de lever plusieurs forces de gens de cheval et de pied pour gardes de lad. Ville, et les failloict loger en lad. Ville, et prandre les lictz de hospitaux pour les coucher, et que les bourgeois de lad. Ville leurs baillassent des draps blancs de qinze jours en qinze jours, et les tinssent blanchement, ad ce que ilz gardassent lad. Ville, et qu'il avoict esté ordonné que cela seroict executé. Sur quoy mesd. s™ luy ont remonstré que jamais lad. Ville n'avoict eu garnison, et que cela seroict trouvé fort estrange aux habitans d'icelle, et qu'il leur pleust atendre que ilz en eussent parlé au Conseil de lad. Ville des demain. Ce faict, ce sont retirez en l'Hostel de lad. Ville, et ont ordonné dc faire mandemens à Mess" les xxim Conseillers, pour leur trouver de-main, deux heures de rellevée, en l'Hostel de lad. Ville, duquel mandement la teneur ensuyt :
"Mons' le president, plaise vous trouver demain à deux heures de rellevée précisement en l'Hostel de ceste Ville pour oyrla lecture des lettres du Roy portant creance sur monseigneur le mareschal de Montmorency, Gouverneur de Paris et Ysle de France, et vous pryons n'y voulloir faillir, car l'affaire est de grande importence.»
Lettres du Roy portant creance sur monseigneur le mareschal de montmorency.
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plusieurs personnes menés d'une sy maulvaise volonté qu'elles ne travaillent à aultre chose que de aigrer et yriter tellement ceulx de nostre Ville, les ungs allencontre des aultres, soubz pretexte de la diversité qu'il ya en la religion, qu'elles les puissent admener aux armés et aux mains, et les voyans ainsi. attachées, elles ayent moien de s'adresser aux principalles et plus riches maisons de lad. Ville pour les piller, saccager et ruyner, qui est tout à leur but et desseing et intenction; pour à quoy pourvoir et remedier ainsi promptement que l'inportance de l'affaire le requiert et que le peril et danger en est present et emynent, nous avons esté conseillez par la Royne nostre trés chere et trés amée dame et mere, nostre trés cher et trés amé oncle le Roy de Navarre, nostre Lieutenant general representant nostre personne par tous noz royaulmes et pays, et par les aultres princes de nostre sang et gens de nostre Conseil privé estans lez nous dc faire venir devers [nous] nostre trés cher et trés amé cousin le mareschal de Montmorency, Gouverneur et Lieutenant general aud. Paris et au pays de Ysle-de - Fra nce, et luy donner charge, comme nous avons faict presentement, de lever et mettre sur une bonne forme des gens de pied et de cheval, affin que avecq icelle il aict moyen de pourvoir à la surette de nostred. Ville et conservation des bons, notables et riches habitans d'icelle, et de contenir toutes choses en lel repos et pacification que nous le desirons et qu'il est requis pour le bien de nostre service, à la deffence et protection de vous, et pugnition des manans turbulans et séditieux, choses dont nous avons bien voullu vous advertir, par la presente, quantequant vous enjoindre et [ordonner que vous croirez nostred, cousin de ce qu'il vous dira sur ce de noslre part, tout ainsi que feriez nostre propre personne, car tel est nostre plaisir.
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D
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E PAR LE
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Roy.
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"Très chers et bien amez, nous avons entendu les troubles et séditions advenuz, ces jours passez, en plusieurs endroictz de nostre ville de Paris, et sommes d'aultre parl adverliz qu'il y a en lad. Ville
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C Dès le 24 février i5Ô2, Catherine de Médicis, se plaignant au maréchal de Montmorency du "désordre advenu à Paris-, manifestait le désir de conférer avec ce personnage au sujet de "la force à luy bailler pour conserver ceste ville là en repoz et tranquilité et garder le peuple de tumultuern (Lettres de Catherine de Médicis, t. I, p. 278), avec d'autant plus de raison que, suivant un bruit en circulation, les Parisiens se proposaient de se transporter auprès de la Cour en troupe de deux à trois cents personnes, ce qui n'aurait pu qu'aigrir les esprits davantage encore. Dans la séance du vendredi 27 février, lo Parlement fut avisé par Baptiste Dumesnil, avocat du Roi, "des meurtres et homicides qui se commettoient chacun jour et qui, ces troys jours passez, se sont commiz au moyen, des séditions pour la religion n. Ce qui augmentait encore le trouble, c'était l'effervescence qui régnait dans les collèges, où les écoliers, à l'issue des leçons publiques, se réunissaient en armes et se rendaient aux prêches, en dépit de leurs maitres, et au grand scandale de l'Université; le 4 mars, ils envahirent même la cour du Palais, au nombre de quatre cents, demandant à parler au premier président du Parlement et au procureur général, murmurant contre le retard apporté à la publication de l'édit du 17 janvier, et déclarant que si cn ne voulait leur donner des temples, ils on prendraient eux-mêmes. Les principaux des collèges, mandés devant la Cour, laissèrent entendre pour leur décharge quelles désordres avaient été commis par des individus qui ne demeuraient point dans leurs établissements. Le lieutenant civil de la Prévoté, do son coté, se plaignit d'avoir été menacé de mort, s'il s'avisait de continuer les enquêtes
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